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impression jet dâencre pigmentaire (tirage direct) sur « eco canvas » (Prodigi)
estampillée « TIM »
série limitée 100 exemplaires puis destruction de la matrice digitale
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Cette crĂ©ation est avant tout un hommage Ă un sacrĂ© personnage, dont lâunivers singulier, protĂ©iforme, extrĂȘmement fĂ©cond a changĂ©, peut-ĂȘtre, ma maniĂšre de vivre, et sans aucun doute ma maniĂšre de crĂ©er.
Cet hommage plastique se fait Ă plusieurs niveaux.
Les premier·es regardeur·euses nâont pas manquĂ© la plasticitĂ© « baconienne » : il sâagissait du peintre prĂ©fĂ©rĂ© de Lynch.
Ensuite, une emphase particuliĂšre est mise sur le rideau â bien quâil ne soit pas rouge â en accumulant les couches pour tenter de lui donner une texture intĂ©ressante. Il y a Ă©galement un rideau noir couvrant partiellement la peau laiteuse et surexposĂ©e dâune femme mystĂ©rieuse, provenant de ma collection de Polaroids.
Lâimage comporte des rĂ©fĂ©rences directes, des rĂ©surgences dâimages filmiques marquantes : le fantĂŽme, lâhomme mystĂšre, Laura Palmer.
Au-delĂ des rĂ©fĂ©rences cinĂ©matographiques, jâai tentĂ© une assimilation du travail plastique de Lynch, en cherchant quelques dialogues entre mots et images pour crĂ©er le mystĂšre, ainsi quâen intĂ©grant un rĂ©gime dâimage « naĂŻf ».
Quelques renvois thématiques sont présents :
La maison brĂ»le, oĂč est Judy ?
La matĂ©rialitĂ© de lâimpression sur toile fait se rencontrer pixel et grain : lâencre pigmentaire se loge dans les vallĂ©es du tissage, produit une lĂ©gĂšre micro-brillance dans les zones denses et un lĂ©ger gain qui adoucit les contours, convertissant la rĂ©solution digitale en rĂ©solution tactile. La trame réécrit les surfaces numĂ©riques â brosses, aplats, PNG vierge â en leur donnant une Ă©paisseur optique ; la neutralitĂ© du fichier devient peau. Le montage sur chĂąssis participe de lâimage autant que de lâobjet : la toile tendue fait corps.
Ici, lâestampe ne se limite pas Ă imiter les potentialitĂ©s de la peinture : elle incorpore le numĂ©rique dans la fibre et fait naĂźtre, Ă chaque tirage, la mĂȘme procĂ©dure, mais jamais la mĂȘme surface.
Sâarticule un va-et-vient analogique â pixels â toile : un Polaroid est numĂ©risĂ©, son grain argentique converti en bruit de pixels, puis rĂ©inscrit par jet dâencre dans le grain du tissage.
Le fichier travaille en calques comme autant de glacis : superpositions, opacités réglées, modes de fusion et décalages infimes laissent transparaßtre les sous-couches, donnant aux aplats numériques une profondeur translucide.
Ćuf donc : la matrice numĂ©rique tient lieu de coquille. Elle abrite lâimage avant Ă©closion. Lâimpression est la brisure qui sâouvre par contact ; chaque tirage sort du mĂȘme nid, mais jamais avec la mĂȘme fissure. Tant que la matrice-Ćuf persiste â sur un disque dur ou dans un nuage â lâĆuvre peut Ă©clore de nouveau : mĂȘme protocole, surface toujours autre.