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120,00

impression jet d’encre pigmentaire (tirage direct) sur « eco canvas » (Prodigi)

estampillée «  TIM »

série limitée 100 exemplaires puis destruction de la matrice digitale

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Cette crĂ©ation est avant tout un hommage Ă  un sacrĂ© personnage, dont l’univers singulier, protĂ©iforme, extrĂȘmement fĂ©cond a changĂ©, peut-ĂȘtre, ma maniĂšre de vivre, et sans aucun doute ma maniĂšre de crĂ©er.

Cet hommage plastique se fait Ă  plusieurs niveaux.

Les premier·es regardeur·euses n’ont pas manquĂ© la plasticitĂ© « baconienne » : il s’agissait du peintre prĂ©fĂ©rĂ© de Lynch.

Ensuite, une emphase particuliĂšre est mise sur le rideau — bien qu’il ne soit pas rouge — en accumulant les couches pour tenter de lui donner une texture intĂ©ressante. Il y a Ă©galement un rideau noir couvrant partiellement la peau laiteuse et surexposĂ©e d’une femme mystĂ©rieuse, provenant de ma collection de Polaroids.

L’image comporte des rĂ©fĂ©rences directes, des rĂ©surgences d’images filmiques marquantes : le fantĂŽme, l’homme mystĂšre, Laura Palmer.

Au-delĂ  des rĂ©fĂ©rences cinĂ©matographiques, j’ai tentĂ© une assimilation du travail plastique de Lynch, en cherchant quelques dialogues entre mots et images pour crĂ©er le mystĂšre, ainsi qu’en intĂ©grant un rĂ©gime d’image « naĂŻf ».

Quelques renvois thématiques sont présents :

La maison brĂ»le, oĂč est Judy ?

La matĂ©rialitĂ© de l’impression sur toile fait se rencontrer pixel et grain : l’encre pigmentaire se loge dans les vallĂ©es du tissage, produit une lĂ©gĂšre micro-brillance dans les zones denses et un lĂ©ger gain qui adoucit les contours, convertissant la rĂ©solution digitale en rĂ©solution tactile. La trame réécrit les surfaces numĂ©riques — brosses, aplats, PNG vierge — en leur donnant une Ă©paisseur optique ; la neutralitĂ© du fichier devient peau. Le montage sur chĂąssis participe de l’image autant que de l’objet : la toile tendue fait corps.

Ici, l’estampe ne se limite pas Ă  imiter les potentialitĂ©s de la peinture : elle incorpore le numĂ©rique dans la fibre et fait naĂźtre, Ă  chaque tirage, la mĂȘme procĂ©dure, mais jamais la mĂȘme surface.

S’articule un va-et-vient analogique → pixels → toile : un Polaroid est numĂ©risĂ©, son grain argentique converti en bruit de pixels, puis rĂ©inscrit par jet d’encre dans le grain du tissage.

Le fichier travaille en calques comme autant de glacis : superpositions, opacités réglées, modes de fusion et décalages infimes laissent transparaßtre les sous-couches, donnant aux aplats numériques une profondeur translucide.

ƒuf donc : la matrice numĂ©rique tient lieu de coquille. Elle abrite l’image avant Ă©closion. L’impression est la brisure qui s’ouvre par contact ; chaque tirage sort du mĂȘme nid, mais jamais avec la mĂȘme fissure. Tant que la matrice-Ɠuf persiste — sur un disque dur ou dans un nuage — l’Ɠuvre peut Ă©clore de nouveau : mĂȘme protocole, surface toujours autre.